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Laura Gonzalez & Nicolas Foussier racontent

La résidence Cartier

Retail

2 novembre 2023

GOODMOODS va à la rencontre d’architectes de talent avec Plendi by Vinci Construction, entreprise générale spécialisée dans les réalisations d’exception qui jongle avec les matériaux rares et savoir-faire singuliers.

 

Juste à côté de la mythique Place Vendôme, se cache une boutique non moins mythique. Bienvenue dans l’écrin historique de Cartier, au 13 rue de la Paix. Depuis 1899, l’ADN de la maison se révèle à cette adresse. Un endroit à part qui a été totalement repensé par un trio d’architectes : Moinard-Bétaille, Studioparisien et Laura Gonzalez. Durant deux ans, Plendi a œuvré à transformer les lieux selon leurs inspirations, lors de travaux titanesques.

 

Au cinquième étage de la maison de haute joaillerie, Laura Gonzalez a signé la Résidence. Un appartement enchanteur destiné à des clients privilégiés. Là-haut, l’architecte et Plendi ont su faire d’un espace exigu, un refuge intimiste et lumineux. Un travail tout en finesse, qui s’appuie sur l’artisanat d’Art et l’héritage de Cartier. Visite.

Le nouvel espace Cartier a été pensé par trois cabinets d’architecture, dont celui de Laura Gonzalez. Comment Plendi a œuvré à la construction d’un fil conducteur entre eux ?

 

Nicolas Foussier : « Il y avait, en effet, trois chantiers dans le même bâtiment. C’est peu courant. Ils devaient tous communiquer de façon fluide et sans cassure. Nous avions un véritable enjeu sur les circulations d’étage : d’un côté et de l’autre de la porte on change d’univers… On passe d’un espace ponctué de marbre et de laiton pensé par l’agence Moinard Bétaille à des décors de faune et flore imaginés par Laura Gonzalez. Puis on redescend et on arrive dans les ateliers de haute joaillerie dessiné par Studio Parisien avec des plafonds à caissons en staff. Chacun avait son style et il fallait réussir à les coordonner et créer une synthèse entre chacun d’eux. »

« Pour créer une continuité entre les projets, nous avons chez Plendi des équipes de synthèse architecturale qui sont intégrées à l’équipe de travaux en exécution. Elles travaillent sur les interfaces entre les zones, les jonctions de matériaux, pour ne pas avoir un effet puzzle ou patchwork. On sent que d’une pièce à l’autre ou d’un étage à l’autre on change d’univers mais on n’a jamais le sentiment qu’ils ont été pensé séparément. »

Quelle est la genèse de la Résidence, en quelques mots ?

 

Nicolas Foussier : « Dès le départ, la volonté était de faire de cet espace un petit cocon, pour accueillir des clients lors de moments privilégiés de courte durée sur un petit-déjeuner ou sur un repas ou bien pour un essayage de haute joaillerie et voir même pouvoir inviter des clients sur une journée complète. Donc la Résidence devait être construite comme un chez soi pour les clients, un endroit où ils peuvent se sentir à l’aise. C’est pour ça que on y retrouve un salon, une salle à manger, un cabinet de toilette et une cuisine. »

Laura Gonzalez : « J’ai travaillé à plusieurs reprises avec Cartier pour la rénovation de leurs boutiques à travers le monde. J’ai été ravie de pouvoir retrouver l’univers de la maison, cette fois-ci avec un nouveau challenge. La Résidence est un projet différent, à la croisée du retail et du privé. C’est un lieu emblématique de la maison, et je souhaitais le transformer tout en préservant son histoire et en rendant hommage au patrimoine exceptionnel de dessins, croquis et archives de la maison. C’est un espace qui a accueilli, et qui continue d’accueillir, les clients les plus prestigieux de la maison et des événements fabuleux, alors j’ai voulu recréer l’ambiance réconfortante d’un appartement de vie propice à la réception. »

Quelle est la date de votre première visite du 13 rue de la Paix ?

 

Laura Gonzalez : « Je me souviens être passée devant étant jeune, assez émerveillée par les vitrines. Je suis très honorée d’avoir participé à la rénovation de cette adresse mythique quelques années plus tard.  »

 

Nicolas Foussier : « Mes premiers repérages étaient en mars 2020, en plein démarrage du Covid… Il faisait beau, les rues de Paris étaient désertes, la boutique était fermée. Il y avait de temps en temps un ou deux responsables de la sécurité du quartier de Vendôme qui nous regardaient un peu de travers.

 

Deux mois plus tard, on a visité avec Cartier l’ensemble de l’existant qui était en cours de déménagement. Ça nous a permis de voir la volumétrie globale du bâtiment et puis l’ambiance du lieu. Avec des explications de la marque sur l’aspect très historique et patrimonial du lieu. On a notamment vu toutes les boiseries existantes qui étaient encore en place, que l’on a ensuite restaurées et remises en place. »

Comment avez-vous travaillé sur ce projet ?

 

Laura Gonzalez : « Cartier m’a donné carte blanche sur ce projet, je suis très reconnaissante de cette confiance qui m’a été donnée et de notre collaboration solide. J’ai pu laisser libre cours à mes envies et développer un univers unique, mais qui reflète quand même l’identité de la maison. Presque chaque élément de décor a été conçu et réalisé avec des artisans d’art français pour célébrer non seulement les éléments constitutifs de Cartier mais aussi notre patrimoine artisanal national. Par exemple, la table en cristaux de Béatrice Serre, le paravent en tissus peint des ateliers Gohard rehaussé de broderies de Lucie Troué ou les sols en mosaïque de Pierre Mesguich. L’artisanat a toujours été au cœur de mon œuvre, c’est à travers le travail manuel, la technique et les matériaux que je me retrouve. Ces valeurs sont partagées par Plendi. »

Ateliers Gohard

Comment avez-vous appréhendé ce lieu  ?

 

Nicolas Foussier : « À  l’origine, la zone de la Résidence c’était le département des archives, il était sous les combles avec des charpentes apparentes et très peu de hauteur libre. On a fait une première visite avec Laura pour voir la coque mise à nue et appréhender mieux l’espace et les volumes disponibles. La question était : comment allait-on réaménager la zone pour transformer ce qui pouvait ressembler à des chambres de bonne associées à un écrin à part pour les clients ?

Laura a eu dès le début l’envie d’apporter le maximum de lumière dans cette zone qui n’était pas très haute de plafond et d’avoir des décors très légers, notamment le trompe-l’œil nuageux. On est sous les toits et quand on lève la tête on voit le ciel… Cet effet est à son apogée dans le jardin d’hiver où nous avons recrée une verrière avec deux petits patios. C’est un lieu incroyable. »

Que représentait cette adresse pour vous ?

Laura Gonzalez : « Le 13 Paix est une célébration de l’art de vivre à la française, c’est une ode aux détails et à l’architecture parisienne avec ses plafond voûtés et ses parquets travaillés. Pour moi, cet endroit a non seulement une identité forte, mais rassemble également une multitude d’influences et de références aux voyages de Louis Cartier. C’est surtout une institution dans l’écosystème Cartier : un espace exclusif niché sous les toits, un lieu de vie, d’échanges et d’inspirations.  »

Nicolas Foussier : « C’est un projet très sentimental pour moi. Quand on discutait des futurs projets qui pouvaient arriver sur 2020, Xavier Arm, le DG de Plendi balayait les chantier et quand il a dit  »Rue de la Paix », j’ai arrêté d’écouter le reste de la discussion. C’est vraiment un projet très particulier, on a mis beaucoup d’énergie ici, toute l’équipe a énormément travaillé pour arriver à ce résultat final. »

3 mots pour décrire la Résidence ?

 

​​

Nicolas Foussier : « Le calme, la lumière et le luxe. »  

Laura Gonzalez : « Naturaliste, apaisante et précieuse.  »

Qu’est ce qui vous a  inspiré tout au long du projet ?

 

Laura Gonzalez : « Les archives de la maison, bien sûr, et l’histoire du lieu. Je me suis basé en grande partie sur des éléments floraux, un élément central de Cartier, et le bestiaire développé par Jeanne Toussaint, qui est à l’origine de l’emblématique panthère. Il y a les broches poissons que j’ai transposées sur la marqueterie de marbre du plateau de la table dans la salle-à-manger, il y a les zèbres et les paons du paravent… toute une profusion d‘animaux, de formes et de couleurs qui composent l’univers Cartier selon moi.  »

Quel a été votre plus grand défi dans la conception de la Résidence ?

 

Laura Gonzalez : « Il faut répondre aux exigences de Cartier : c’est un espace réservé aux clients prestigieux, presque privé, mais qui se veut tout de même une vocation commerciale. Il faut alors jongler entre une atmosphère intime et confortable, et des références à l’identité de la maison et ses bijoux.  »

Nicolas Foussier : « Pour Plendi, c’était d’arriver à intégrer toutes les contraintes demandées par la boutique pour son exploitation. Toute l’intégration technique est intégralement cachée, la seule chose que l’on voit c’est les luminaires. Le reste si on n’y prête pas attention est invisible…

 

Après sur la Résidence, le défi était de taille. Dans ce volume exigu, il fallait arriver à intégrer une belle salle à manger, une grande cuisine tout équipée dans laquelle on peut inviter un grand chef… et puis également le jardin d’hiver, le cabinet de toilette, la salle de méditation. Ça n’était pas évident sur le papier. »

Nicolas Foussier et son équipe

Quelles sont les palettes de couleurs retenues ?

 

Laura Gonzalez : « Vert, beige, or et une touche de bleu, déclinés en divers matériaux pour un rendu harmonieux et élégant. La ligne rouge de ce projet, comme pour les boutiques, c’était de faire référence aux motifs et couleurs emblématiques de la maison. »

Quels éléments avez-vous dessinés pour meubler la Résidence ?

 

Laura Gonzalez : « Le canapé et le fauteuil, les tables et les chaises… Tout a été réalisé en étroite collaboration avec des artisans français. »

River table – table conçue pour la résidence par Laura Gonzalez.

Zoom River table.

Quels sont vos matériaux fétiches pour la Résidence ? 

 

Laura Gonzalez : « De la mosaïque, du cristal, du velours et de la soie, du bois et du métal… Les matériaux se répondent pour créer une atmosphère particulière. »

Les courants artistiques qui vous ont inspirés sur ce projet ?

 

Laura Gonzalez : « J’ai un style assez néo-classique, je puise mon inspiration dans une grande variété d’endroits et d’époques, en proposant toujours un univers coloré et éclectique. Les archives de Cartier, évidemment, ont été ma principale source d’inspiration. Il y a tellement de choix ! »

© Rodrigo Rize for Invisible Collection

L’héritage culturel de la maison Cartier a-t-il été un terrain de jeu créatif ?

 

Laura Gonzalez : « Bien sûr ! Le patrimoine de la maison est si vaste qu’il est difficile de ne pas trouver son bonheur. Il y a un tel mélange des codes classiques avec des touches contemporaines, un tel travail de réinterprétation des archives avec des techniques nouvelles, ça me fascine ! Il y a une grande variété d’influences et donc de styles, et je m’y retrouve. Je cherche toujours de nouvelles sources d’inspiration et il y a tant de possibilités avec Cartier que oui, je pense qu’on peut parler de terrain de jeu créatif. »

La mosaïque de l’atelier Lilikpó

La mosaïque de l’atelier Lilikpó

Nicolas Foussier : « C’était de toute façon la donnée d’entrée de respecter cette histoire et cet héritage de Cartier ; encore plus sur le 13 rue de la Paix qui est la boutique historique. Le fait de prendre l’histoire de Cartier comme fil conducteur, a permis de passer d’une pièce ou d’un étage à l’autre en changeant d’atmosphère mais en restant dans les codes Cartier.

 

Dans les zones de l’agence Agence Moinard Bétaille, on a beaucoup employé les boiseries d’époque notamment pour le salon Louis Cartier. Autre anecdote, dans le salon Jean Cocteau on a créé une bibliothèque secrète avec un miroir sans tain dans lequel est exposé l’épée d’académicien de l’écrivain qui avait été confectionnée par Cartier. Au premier étage, on a le salon Jeanne Toussaint, qui était la directrice artistique de Cartier dans lequel les consoles en marqueterie de paille reprennent le dessin de petites boîtes à bijoux qu’elle avait créées. Sur la serrurerie, les garde-corps et les rampes d’escalier du patio et de l’escalier monumental, on a repris des détails du bracelet Love avec une vis à tête fendue.

 

Autre détail, sur un plafond à caissons en staff, on a repris le modèle des bagues Clash. Et à la jonction de ces différents caissons, il y a avait un petit un petit trou de construction qu’il fallait combler. On est donc venu proposer à Cartier de mettre un cabochon pour le fermer, on a soumis l’idée de le faire sous la forme de de l’étoile de Plendi. On fait maintenant partie de l’histoire de Cartier. »

Atelier Midavaine, Paravens des Indes.

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