Styles
il y a 2 jours
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2026 consacre une esthétique de la rétrospection. Face à la perte de repères, la création cesse de chercher absolument à séduire pour donner du sens, et puise pour se faire dans les madeleines du passé. Les courants artistiques et littéraires d’hier (gothique, romantique, baroque) reviennent avec plus de mélancolie, de sensualité et de profondeur. Dans un registre moins lointain, mais plus enfantin, les signes de l’adolescence font leur grand retour, entre clins d’œil à la chambre à coucher et codes du dortoir universitaire. Des inspirations venues du Japon, comme l’esthétique rétro-yakuza, et les codes kawaii, accentuent ce registre nostalgique. 10 tendances refuges qui regardent en arrière pour mieux ralentir le présent. Certaines d’entre elles seront décryptées sous le prisme des émotions, le jeudi 29 janvier lors d’un webinar (accès libre) organisé avec Material Bank. Cap sur 2026.
Année
2026
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L’esthétique subversive comme dépeinte dans les récits des romancières du XIXe (de Jane Eyre à Emily Brontë), revient avec toute sa sensualité feutrée. Elle se mêle aux codes riches de l’ère victorienne (mélange d’orientalisme, de gothique et de baroque). Quand la littérature féminine s’imposait comme un espace d’expression intime, ici les silhouettes corsetées, les matières épaisses, les soies mates, les papier-peints exubérants, couleurs enveloppantes rejouent un romantisme en contraste permanent, entre raffinement et sensualité.
Le Baroque revient via une lecture encore plus féminine. Des artistes contemporains qui revisitent le clair-obscur des grands maîtres hollandais en version girly, aux décors d’apparat transformés en néo-boudoirs, le baroque devient le langage d’une féminité assumée. Une opulence revendiquée, kitsch et mélancolique, où l’excès devient une manière de se raconter.
Artwork Paul Octavious du sac Valentino Garavani DeVain
Dans la poursuite d’un baroque réinventé, les dorures palazzo se partagent la scène avec le bronze et autres patines rouille moins parfaites. L’acier corten, avec son fini irrégulier, à la fois chaud et délicieusement défraîchi, revient partout. Le plâtre et même les textiles rejouent ses nuances oxydées avec une douce sophistication.
Brasserie Coopers par Studio Gram. © Timothy Kaye.
En 2026, on assiste à une expression du romantisme ténébreuse, nourrie de ruines, de noirceur et de sacré profané inspirés des créatures des romans gothiques (Dracula, Frankeinstein…). Entre amour impossible et obsession de la mort, le sombre devient décor. Les créatifs font dialoguer les codes romantiques avec les détails de l’architecture de la cathédrale : gargouilles, arcs brisés, vitraux, croix, rosaces… Les décors insistent sur le contraste émotionnel, avec l’ombre comme langage esthétique.
WEBINAR "MATERIAL EXPRESSIONS"
GOODMOODS x Material Bank
Jeudi 29 janvier 2026
10h/10h30
Et pour découvrir les plus beaux objets, lieux & créatifs du moment :
La mafia japonaise qui irrigue les mangas contemporains inspire un imaginaire viril et théâtral, adouci par la nostalgie d’un Japon des années 60-80, où la discipline côtoie l’excès. Une esthétique de la tension et du contraste, où l’élégance sombre est chargée de codes, et où la rigueur des lignes dialogue avec une forme de flamboyance dissimulée.
Longtemps associé à une culture populaire d’Asie de l’Est, le kawaii (littéralement « mignonnerie ») s’émancipe de son ancrage géographique pour devenir un langage esthétique global. Il s’incarne notamment à travers des formes piochées dans les références culturelles des heures tendres. Gummy mania, peluches-objets qui envahissent le quotidien, figurines fétiches adoptées par les adultes (Labubu, Sonny Angels), mascottes et icônes de dessins animés qui glissent de la mode aux intérieurs… Une imagerie tendre qui s’incarne en couleurs édulcorées et graphismes affectifs.
Les adultes renouent avec leur âme d’enfant en convoquant le lexique du sommeil, incarnation par excellence de l’insouciance. Les créatifs explorent cet état trouble où la conscience se relâche et où l’imaginaire prend le pouvoir. L’inconscient devient un territoire esthétique à part entière. Draps froissés, pyjamas rayés, matières duveteuses et enveloppantes… Tout l’imaginaire de la chambre et du refuge est invoqué avec douceur, humour, et même parfois nonchalance.
Alors qu’une récente étude menée par les chercheurs de l’Université de Cambridge suggère que l’adolescence s’étirerait jusqu’à 32 ans, les signes de cette période inspirent. De la bibliothèque aux chambres étudiantes, en passant par la salle des trophées… Les emblèmes académiques parfois clichés du campus américain (fanions, sweat « college », letterman, patchs varsity) se mêlent à l’imaginaire institutionnel Oxbridge (blasons, écussons cousus, cravates rayées, gowns/toges, boiseries, grandes tablées, portraits d’anciens, bibliothèques à échelles…).
Toujours près de l’imaginaire américain, la pêche à la mouche revient dans les références contemporaines. Truites XXL, cannes, filets et appâts s’invitent dans des inspirations façon Fishing Club. La tendance accompagne une quête d’activités « anti scroll », lentes, techniques, presque méditatives. La pêche à la mouche, comme le tenkara (sa déclinaison japonaise) se relisent ainsi comme un sport contemplatif, pleinement dans l’air du temps.
WEBINAR "MATERIAL EXPRESSIONS"
GOODMOODS x Material Bank
Jeudi 29 janvier 2026
10h/10h30
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